La Ville Conviviale

      La Grue est ce mot élastique qui offre aux antipodes l’occasion de converser entre eux, et ceci autour d'une table, d'un foyer, d'un pain ; trois symboles témoignant de trois couches sédimentaires, trois couches de notre substrat humain dans lesquelles sont encore plantées nos flammes.

 

      Si le foyer n'a plus son caractère central, tant familial que démocratique, il est toujours disponible à qui, au pluriel, veulent en faire leur axe, ponctuellement ou durablement.

      L'époque est vouée à la fluidité, au "en même temps" synonyme de non choix, à l'impatience impérieuse du consommateur et sa "griffe préhensile" qui a pris la place de ses ailes.

      Mais pour être il n'est besoin de rien faire, sinon de partager non ?

      Si la table a été remplacée par le canapé, le lit, ou n'importe quelle salle d'attente où l'on aura accès à l'abonnement pluripotent, séries, jeux, vidéos, météo, nombre de pas, notifications, messages, paiements, etc., il faut la réinventer, la retrouver. Si la table s'est verticalement érigée tout en se dotant d'une surface tactile, sommes-nous forcément assignés à résidence, contrains à l'horizontale ? Notre convivialité au bout de nos doigts a perdu de sa saveur, de son odeur, de sa température, et aussi de son sixième sens qu'est la proprioception. Ce sixième sens consistant à garder notre équilibre dans nos déplacements quotidiens, qui peut s'entretenir jusqu'à tutoyer la perfection dans les entrechats de la danseuse professionnelle, ne nous sert plus à grand chose lorsque nous vivons nos journée le smartphone collé à la joue.

      Si le pain ne rend pas autant de services que cet objet indispensable, il était en son temps magique et fédérateur. De quelques grammes de farine et d'un peu d'eau se faisait un levain. Lequel donnait à quelques dizaines de grammes de farine et d'eau ce pouvoir magique de gonfler et en une multitude d'alvéoles, de créer un espace. C'est bien cet espace que symbolisait le pain du Christ. C'était le pain, l'espace de la culture, de l'amour, de l'espoir, de la fraternité, et surtout de l'avenir. La multiplication des pains devait beaucoup à la nature, aux bactéries et levures, tout particulièrement, toutes ces choses invisibles mais qui sont en vérité actives, comme les sentiments qui déplacent parfois des montagnes. 

      Après la table, le pain et le foyer, il y a le quartier. Pas de convives sans amis, sans quartier, sans vie commune, sans portes. 

      La Grue évoque, sorte d'antithèse de l'oiseau cendré, l'ombre de cet outil géant qui partout oeuvre en dur sans que nous maitrisions ses projets. L'ombre des grues de la ville s'apparentent trop souvent à de grandes faucheuses de joie, d'harmonie, d'ambiance, mais aussi des projets et des fragiles équilibres comme le sont tous les équilibres humains. 

      L'association La Grue s'intéresse aux grues, ces grandes mains qui ont explosé nos ciels, qui se les partagent avec les tours et les clochers, les satellites, les drones, les avions et les oiseaux de moins en moins nombreux.

      L'association La Grue s'intéresse à l'écologie de la ville, à la santé des quartiers, à leur paix et leur bien vivre.

      À ce titre, sa pensée se joint celle d'auteurs très nombreux qui écument et fulminent, réfléchissent, alertent, développent, expliquent comment il est possible de trouver une voie. 


- La possibilité d'une ville conviviale, sur le site Cairn

- Ivan Illich et le concept de convivivalité 

 

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La Grue Épicerie 

Adresse du quai : 14 rue du Sanglier 67000 Strasbourg  

Tel : 0631471772 - Email : epicerielagrue@free.fr